La bibliothèque de Samuel Schwarz

Pendant 30 années Samuel Schwarz a constitué une bibliothèque de première importance au Portugal, qui contenait des incunables, des bibles portugaises rares, des grammaires et livres talmudiques, des œuvres sur l'inquisition, des œuvres sur le judaïsme et l'antisémitisme, etc. 

Il manifeste l'intention de la vendre à l'Etat.

En 1947 ( 10 Janvier 47) le Président de la Commission d'Organisation du Musée Luso Hébraïque de Tomar, Monsieur Joao Pereira Dias, écrit au Directeur Général des Beaux Arts et l'invite à considérer l'achat de la bibliothèque par l'Etat. 


Le Directeur Général des Beaux Arts diligente une enquête et demande un rapport que voici.




Image d’une page du  Salterio de Agostini Giustiniani:

salterio agostini giustiniani 1516


Le 14 Janvier 1948, Joao Pereira Dias écrit à nouveau au Directeur Général des Beaux Arts, et suggère que l'on procède à l'évaluation de la Bibliothèque.



Le rapport d'évaluation est préparé le 17 Avril 1948

Au moment du décès de Samuel Schwarz, en 1953,  le Directeur Général des Beaux Arts propose un prix de 80000 escudos qui est accepté para Clara Schwarz da Silva, fille de Samuel Schwarz.



Clara Schwarz ayant accépté de vendre la bibliotheque, on lui demande de déposer les livres à l'Archive Historique du Ministère de l'Economie, Rue de Santa Marta à Lisbonne.


En 1986 les livres sont transférés vers la Universidade Nova de Lisboa et devraient se trouver dans la Bibliothèque de l'Institut d'Histoire Ancienne et Juive. Depuis on sait que nombreux de ces livres ont été empruntés et sont aujourd'hui disparus. Ce qui reste de sa bibliothèque se trouve dans une salle fermée de la Biblioteca Mario de Sotto Maior Cardia de l’Université Nova em Lisboa. Il en reste quelques 750 livres fermés a clef dans un  débarras éclairée par un néon de très mauvaise qualité. Ils sont en outre enfermés dans des étagères fermées à clef.

Personne n'y rentre et aucun livre est consulté pour la bonne raison que les livres ne sont pas catalogués séparément mais sont inclus dans le catalogue général de toute l'université. Il n'y a plus de centre d'études à thème juif à l’Université Nova, ce qui signifie que tôt ou tard les livres vont pourrir sur place faute d'être stockées dignement dans des conditions de température et d'humidité convenables.

Il y a des livres en latin, portugais, hébreu, chinois, arabe, russe, français, etc dont  certains sont du 17iéme siècle . Voici quelques photos de ce qu’il en reste:









Le Musée Luso-Hebraique de Tomar auquel les livres étaient destinés, n'en a jamais vu la couleur.




a© Joao Da Silva 2016