Samuel Schwarz



Samuel Schwarz est né à Zgierz (Pologne-Russie) le 31 Janvier (le 12 Février selon le calendrier Justinien) 1880 et est mort à Lisbonne le 10 Juin 1953.  

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Il suit des cours à l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs en 1896-1897 et entra à l'École National Supérieure de Mines de Paris, ayant obtenu son diplôme d'ingénieur civil de mines, en 1904, à l'âge de 24 ans. 

Le voici à 20 ans:

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Acces Ecole des Mines-1
Certificat Ecole des Mines

Voici le Certificat de l'Ecole des Mines

certificat ecole des mines


Il a vécu à Paris de 1896 a 1914, d’abord au 60 et puis au 17 Rue des Ecoles, Paris, avec des missions de travail, après l’obtention de son diplôme, dans plusieurs pays.

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Une fois diplômé il travaille comme ingénieur dans un champ de pétrole à Bakou (Caucase Russie), et en Azerbaïdjan, dans des mines de charbon à Sosnowiec (Pologne) en Angleterre et en Espagne, dans des mines d'étain de l'Arnøya Mining Company, dans Conso (Ribadavia, province d'Orense, Espagne), en 1907-1910, dans une mine d'or, du Monte Rosa Gold Mining Comp à Aldagna-Seia (Italie) en 1911.

Entre 1907 et 1911, il est en Espagne dans des mines d'étain, de la province d'Orense et de Pontevedra. Voici une photo prise a Cartelle, Sande en Galicie Espagnole.



Voici deux autres photos prises à Ribadavia

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En Décembre 1911, ayant vécu à Paris depuis déjà de nombreuses années il demande à être naturalisé Français.

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Il n’y aura pas de suite à sa demande de naturalisation car l’administration considère que le dossier n’est pas complet. Cela est peut-être du au fait qu’il s’absente en Côte d’Ivoire.

Dans sa demande de naturalisation il doit répondre a un certain nombre de questions, en particulier sur son salaire et sur son loyer.

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En Septembre 1913 il est présent avec son père au 11ième Congrés Sioniste Mondial qui a lieu à Vienne. Il y rencontre pour la première fois sa future femme Agatha. Les parents de deux futurs époux, en présence de Nahum Sokolov, se mettent d’accord pour marier leurs enfants. Le 13  Avril 1914, Samuel épouse à Odessa, Agatha Barbash  fille du banquier Samuel Barbash. Agatha est née le 15 Avril 1884 a Tulczyn située à l’ouest de l’Ukraine dans l’ancienne Podolie et est décédée à Lisbonne le 4 Aout 1950.

registre de mariage de Samuel en russe

Samuel et Agatha 

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Au moment de la première guerre mondial, en 1914, et à l'âge de 34 ans il se trouve en voyage de noces au Portugal. Cela l'amène à rester au Portugal. Il commence à y travailler en tant qu'ingénieur en mines en 1915 dans une mine de wolfram (tungsténe) de Vilar Formoso et d'étain à Belmonte de la Société Minero-Metalurgica et d'étain et de wolfram de la Société Minière du Casteleiro. A l’époque il vivait au 19 Praça do Municipio, Lisbonne.

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Il a été le président de la Chambre de Commerce Polonaise au Portugal, depuis sa fondation, en 1930, jusqu'à l'invasion de la Pologne par l'U. R. S. S.  Il a aussi éte membre de l’ordre des Ingénieurs, de l’Association des Archéologues Portugais et Président de l’Assemblée Générale de la Communauté Israélite de Lisbonne. Polyglotte remarquable, il parlait le russe, le polonais, l'allemand, l'anglais, le français, l'italien, l'espagnol, le portugais, l'hébreu et le "yiddish".

Il a publié : Inscriçoes Hebraicas em Portugal - Inscriptions Hébraïques au Portugal (dans Arqueologia et Historia, en 1923) ; Cristaos Novos em Portugal no Século XX - Les Nouveaux Chrétiens au Portugal au XXème Siècle, Lisbonne, 1925. La publication du livre sur les Nouveaux Chrétiens constitue un évènement qui a mené au renouveau des Juifs Marranes du Portugal.  

Même avant la publication du livre sur les Cristaos Novos, la Communauté Israelite de Lisbonne s’est retrouvée confrontée à un problème. Que faire des ces marranes du nord du Portugal?  On décide alors de demander conseil au Grand Rabin d’Israel. Voici (extrait de l’article de Edgar Samuel publié en 2007 dans la revue Jewish Historical Studies) la lettre envoyée et la réponse du Grand Rabin:

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Voici la dépêche de la Jewish Telegraphic Agency publiée à ce moment:

letter to the chief rabi in Jerusalem 22 august 1924 part 1
letter to the chief rabi in Jerusalem 22 august 1924 part 2


Voici un article publié dans la Tribune Juive de Strasbourg le 17 Septembre 1926.


La tribune juive 19 7 1926 at 11.56.26


La Tribune Juive 19 7 1926 at 11.56.55

Voici un  article publié par Lucien Wolf dans un journal Hongrois en 1926:

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Voici un article publié dans le Jewish Guardian en 1926:

article in the jewish guardian 7 march  1926

Sans cesse depuis 1925 on continua à publier des articles sur la Communauté Juive de Belmonte. Voici un exemple "La Grande Peur des Juifs de Belmonte" publié dans la Revue Regards de Bruxelles.  En 2006, Livia Parnes publie dans la Revue Diasporas un article intitulé "La Découverte des Marranes Portugais"

Au cours de l’ année 1925, le Professeur Adolphe Benarus de la Communauté Israelite de Lisbonne propose la création à Lisbonne d’une pension pour de jeunes Marranos du Nord, il étant clair que la vieille génération était perdue pour le judaïsme.  

letter from adolf benarus to the jewish guardian 8 january 1925


Suite à cette demande, la décision fut prise d’envoyer Lucien Wolf au Portugal. Dans son rapport Lucien Wolf n’est pas aussi pessimiste quand à la récupération de la vieille génération et recommande d’investir a Porto plutôt qu’à Lisbonne ce qui ne fut pas pour plaire à la Communauté de Lisbonne.

report of lucien wolf on his visit to portugal 8 march 1926

Avec d’autres Samuel Schwarz prend l’initiative d’organiser un cours d’hebreu à l’Université de Lisbonne. Voici la nouvelle qui parait le 25 Mars 1927 dans un Journal d’Israel:

un cours d'hebreu a lisbonne  25 Mars 1927 journal Israel


C’est à ce moment la qui apparait sur scène le capitaine Barros Basto, connu sous l’appellation d’apôtre des Marranes. A partir de 1927, Barros Basto lance la publication de Ha-Lapid (O facho) (Voir la collection complète de cette publication: http://www.rebordelo.net/cripto-judaismo/halapid/) avec pour objectif de fournir à la communauté des marranes, les bases et des informations sur le judaïsme. 


Samuel Schwarz contribue aux activités de renouveau du fait juif dans le nord du Portugal:



Voici quelques articles du journal Ha Lapid:

Numero 14

HA LAPID n14 pag 7

Numero 29

HA LAPID n29 pag 6

Numero 45

HA LAPID n45 pag 5

Barros Basto estimait que le nombre de marranes qui pourraient revenir au judaïsme se chiffrait en dizaines de milliers. Samuel Schwarz  par ailleurs pensait que le nombre total de familles susceptibles de revenir au judaïsme pourrait être de l’ordre de 10000.  Pendant quelques années Schwarz et Barros Basto ont coopéré mais alors que Schwarz pensait que le centre naturel du retour vers le judaïsme était Lisbonne, Barros Basto pensait qu’un centre au nord du Portugal était plus logique.

Barros Basto était prosélyte et voyageait en compagnie de circonsciseurs rituels ce qui n’était pas pour faire plaisir à l’église. 

En 1927 Salazar qui avait pris le pouvoir ne fut pas heureux d’apprendre les activités de Barros Basto qui entretemps devient connu comme quelqu’un de egocentrique et d’autoritaire.

Barros Basto poursuit ces activités et se démena pour faire construire à Porto une Synagogue avec l’appui financier de plusieurs communautés juives de par le monde.  Celle-ci fut inaugurée au début de 1938 en présence d’une majorité de personnes non juives

Voici les extraits des rapports de Lucien Wolf (1926)  et de Paul Goodman (1932) lors de leur visite au Portugal.

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chez les marranes du portugal revue Paix et Droit  1932 page 6


En 1930 parait dans le Jewish Daily Bulletin l’article suivant qui montre que le travail de reintegration des marranes dans la communauté juive procède a bon rythme:

jewish daily bulletin 17 april1930

Cependant cela ne vas pas sans créer quelques remarques dans la communauté catholique:

catholic women oppose retrun of marranos in bragança


En Octobre  1927 dans la revue Lusitania, parait une critique du livre de Samuel Schwarz:

Lusitania revista de estudos portugueses 1927 -1


Toujours dans le journal Ha Lapid de juillet 1929, Samuel publie un petit article sur l’Inquisition à Evora:

inquisiçao de evora transformada em hotel julho 1929


Voici une photo de Samuel et de Clara prise à Lodz en 1929, lors de leur visite à Isucher et Sara.


Voici une lettre adréssée par Samuel Schwarz à  l'Alliance Israélite Universelle basée à Paris demandant leur appui pour la fondation d'une école juive à Lisbonne.

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Petit à petit des conflits et des frictions surgissent au sein de la communauté juive portugaise, jusqu’à ce que Mordechai van Son le président du Comité Pro-Marranes de Hollande, mette en cause les activités de Barros Basto et du Comité de Londres.  Il publie le 14 Janvier 1938, dans le Jewish Chronicle de Londres un appel intitulé  « The Marranos at Oporto -Was a Synagogue justified ». 

Dans un article au vitriole publié dans Ha Lapid en Janvier 1938 (pag 7) Barros Basto, répond a l'article du Jewish Chronicle et se conduit de façon assez vulgaire aussi bien dans le style et la forme en voyant  dans l'article la main de Samuel Schwarz qu’il ne mentionne même pas. Cette démarche de la part de Barros Basto, conduisit à la fin de leurs relations.  Le voici cet article:




Il publie aussi "Museu Luso-Hebraico de Tomar" - Musée Luso Hébraïque de Tomar (brochure), Lisbonne, 1939 ; Cantico dos Canticos - Cantique des Cantiques - traduction de l'original en hébreu, Lisbonne, 1942 ; Antisemitismo - Antisémitisme (en collaboration avec Léon Litwinski), Lisbonne, 1944 et Arqueologia Mineira - Archéologie Minière (brochure publiée par le Direction Générale des Mines en 1936).

Dans le Journal de Belmonte "A Serra" il publie le 17 Mars 1926 un article sur la prospection de l'étain.


 

Parait en 1953, après sa mort  "A tomada de Lisboa - La prise de Lisbonne" . 

a tomada de lisboa


A Sinagoga de Alfama - La Synagogue de Alfama (Revista da Camara Municipal de Lisboa, No 55, 1952 et No 56, 1953) 


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Quelques années après le décès de Samuel Schwarz parait Historia da Moderna Comunidade Israelita de Lisboa - L’Histoire de la Moderne Communauté Israelite de Lisbonne (Revue Instituto de l’Université de Coimbra, no 119 et 120, 1957 et 1958). 

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Un chapitre de ce document traite du Musée Luso-Hebraique de Tomar

Il a collaboré à divers journaux, ayant écrit beaucoup d'articles sur des sujets ayant trait au judaïsme, principalement dans le Journal de Comercio. Dans la revue Ver e Crer (Voir et Croire) il a écrit : Le Sionisme sous le règne de D. Joao III ; L'Origine du nom et de la légende du Prêtre Jean ; Qui étaient les émissaires que D. Joao II a envoyé a la recherche du Prêtre Jean (nos 11, 14 et 17, de 1946).

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Il publie aussi des articles dans la Revue Ha Lapid. Voici un article sur le Renouveau Juif des Marranes Portugais publié en 1929. 

HA LAPID n24 pag 4
HA LAPID n24 pag 5
HA LAPID n24 pag 6

Un article intéressant sur les "Abafadores" est publié dans le journal "A Serra" en 1926

Os abafadores Jornal A Serra 10 Março de 1926

Dans la Revue "ABC" on publie un article sur Samuel Schwarz:

uma notavel obra sobre os judeus


Dans le journal "A Serra" il a publié quelques articles en 1925 (partie 1 et partie 2) et 1926 (partie 1 et partie 2).

Pendant son séjour en Espagne, de 1907-1910 et de 1912-1914 il a publié divers articles dans le Bulletin de l'Académie Gallega (numéro 33 et numéro 34), et dans le journal républicain Espana-Nueva, de Madrid. Ce journal fondé par Rodrigo Soriano fut la victime de Primo de Rivera qui en 1924 l’envoya avec Miguel de Unanmuno à l’isle de Furteventura. 

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Son livre Les Nouveaux Chrétiens au Portugal au XXème Siècle a été traduit en anglais, italien et en hébreu. Il avait déjà été traduit partiellement en hébreu et publié dans le Journal de Varsovie. Il a été publié à nouveau, en 1993 par l'Institut de Sociologie et Ethnologie des Religions de l'Université Nova de Lisbonne. Il a été par ailleurs retraduit en Hébreu en 2005 par l'Université Hébraïque de Jérusalem. Il vient d’être publié a nouveau en Portugais, par l’éditeur Cotovia (Portugal) en Octobre 2010.  Une édition en français est en cours à partir d’un manuscrit en français dont il fut l’auteur. 

La préface de la version française a été rédigée par Israel Levi , Grand Rabin de Paris.

preface de Levi 1
Preface de Levi 2
Preface de Levi 3


En 1923 il a acheté l'ancienne Synagogue de Tomar (Portugal), qui date du XV Ième Siècle, et fit procéder a des excavations et au nettoyage de l’édifice. En effet au long des siècles l’ancienne synagogue a été une prison et un magasin de céréales.  En 1939 il offre la synagogue à l'État Portugais pour que l'on y installe un musée. Par décision ministérielle du 27-7-1939, ce musée a vu le jour sous le nom de Musée Luso Hébraïque de Tomar (“Museu Luso Hebraico Abraão Zacuto”) . 

abraham zacuto


Dédicace du "Cântico dos Cânticos"

Pierre Tombale à Tomar 

Datée de 5067 d’après le calendrier juif (1307 de l’ère chrétienne), cette pierre provient de la grand sinagogue de Lisbonne détruite au moment du tremblement de terre de 1755. Elle a été prise par l’évêque de Beja et a été placée au Musée Archéologique de Evora. Enfin le 12 Avril 1944, elle était placée au Musée Luso Hébraïque de Tomar.

On y garde un certain nombre d’autres pierres tombales avec des inscriptions en hébreu découvertes au Portugal. 

En 1943, parait sous la plume de Joao Miguel Santos Simoes, à l’époque premier Directeur  Conservateur du Musée Luso-Hebraique, le livre Tomar e a sua Judaria:

capa Tomar e a sua Judaria Santos Simoes

A l’ocasion de la publication de ce travail, Samuel Schwarz rédige la préface suivante:

prefacio de Samuel Tomar e sua Judaria 1
prefacio Samuel Tomar e sua Judaria 2
prefacio Samuel tomar e sua Judaria 3
prefacio Samuel Tomar e sua Judaria 4
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Il est intéressant de reproduire ici une lettre de Samuel Schwarz à Santos Simoes datée de la fin de 1943 (22/8/1943) alors que Samuel et Agatha se trouvaient aux termes de Caldas da Rainha.  

Caldas da Rainha était  à cette époque un des centres de réfuge pour tous les étrangers victimes de la guerre, en attente d’un départ vers d’autres pays. Samuel note que certains de ces étrangers seraient plutôt des agents nazis.

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Entre 1937 et 1939 Samuel est correspondant de la Jewish Telegraphic Agency basée à New York.

correspondent JTA 2

Samuel Schwarz demande à être naturalisé Portugais:

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Voici deux documents concernant sa demande de naturalisation:

Processo naturalizaçao Samuel 1
Processo naturalizaçao Samuel 2

Il devient citoyen portugais cette même année (1939). 

concessao naturalizacao Samuel  assinada por salazar


naturalizaçao portuguesa


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Naturalizacao de Samuel Schwarz

Pendant la seconde guerre mondiale, il dépensa sans compter pour envoyer de la nourriture (café, sardines etc.) vers le ghetto de Varsovie.

En Novembre 1939 il demande à Salazar un visa pour son frère Aleksander qui avait réussi à s’évader après avoir été arrêté par les soviétiques, et qui était réfugié à Stockholm. Ce visa lui fut refusé sans pour autant empêcher Aleksander et sa famille, d’arriver au Portugal en Mai 1940 dans la vague de tous ceux à qui Aristides de Sousa Mendes avait concédé un visa.

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Voici Aleksander (Oles) son épouse Sonia, ces deux enfants Violusia et Georges avec Clara lors de leur séjour au Portugal en 1940.

Oles Sonia Violusia Georges e Clara


Samuel est membre de l'ordre des Ingenieurs Portugais:

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Voici un exemple des demandes formulées par le Consul du Portugal à Bordeaux auprès de Salazar.

Il répondît aussi de façon régulière aux articles antisémites publiés dans la presse portugaise et notamment dans le Journal “A Voz” (25 Mars 1938).

Qui mérita une réponse de Samuel Schwarz (28 Mars 1938).


En 1943 le Journal Forward de New York publia des photographies qui reflectent la vie juive au portugal.









A la fin de la guerre il obtient un passeport:

passeport de 1945


Après la création de l’Etat d’Israël en Mai 48, il écrit dans le journal “Diario de Lisboa” (14 Mars 1949) un article (version en français) invitant le gouvernement Portugais a reconnaitre l’Etat d’Israël.


Le voici en 1920-21 avec Agatha et leur seule fille Clara qui est née le 14 Février 1915


A Sao Martinho do Porto, Agatha debout, Samuel assis, et ses petits enfants Henri à gauche et Joao à droite


En 1952 à Lisbonne, Samuel et son petit fils Joao. A l’époque il vivait au 1er étage du 118 Av. Antonio Augusto Aguiar, Lisbonne.


Pendant la visite de la Judiaria de Lisbonne en Mars 1941, le Prof. Dr. Chaim Weizman premier Président de l’Etat d’Israel (au centre) le journaliste Zelik Back (à droite) et Samuel Schwarz (à gauche). Il est curieux de noter que le Dr. Weizmann parti ensuite vers les Etats Unis. Le voyage a pris 4 jours et le Dixie Clipper (hydravion) s’est arrêté à Bolama, Para, Port-of-Spain, San Juan pour finalement amerrir à la Guardia.


Comentario de Clara Schwarz, filha de Samuel Schwarz em Janeiro de 2011

Como não sentir uma forte emoção, ao dar-me conta de que o meu pai é ainda hoje lembrado e os seus trabalhos continuam a ser editados, passadas que são quase seis décadas depois da sua morte?

Recordo-o como uma personalidade forte e empreendedora, um homem de uma cultura vastíssima, um hebraísta reconhecido, um militante sionista, que falava correntemente nove línguas e possuía uma valiosa biblioteca. Engenheiro de minas de formação, era também um estudioso e um escritor, tendo feito a primeira tradução, directamente do hebraico para o português, do Cântico dos Cânticos de rei Salomão.

Para além de “Os Cristãos-Novos em Portugal no Século XX“,  uma investigação sobre a comunidade marrana da vila de Belmonte e os seus rituais secretos, o seu livro mais conhecido, publicado em 1925 e de que aqui se apresenta a tradução em  língua francesa, cito de memória dois outros  escritos seus: a monografia “As inscrições Hebraicas em Portugal” e o livro editado postumamente sobre “A Moderna Comunidade Israelita de Lisboa”.

Graças a ele, foi possível recuperar a Sinagoga de Tomar, a única que se conserva posterior ao decreto da expulsão dos judeus de Portugal, de Dezembro de 1496, mandada construir por Henrique, o Navegador, no século XV. Adquiriu-a, com o intuito de nela se vir a estabelecer um Museu Luso-Hebraico e, nesta condição, doou-a em 1939 ao Estado português.

Lembro-me dele como uma pessoa tolerante, que com todos se relacionava, sem distinção de raça, cor da pele ou religião, um homem de uma grande bondade, mas sem disso fazer qualquer alarido. Soube, por exemplo, ainda há pouco tempo, com total surpresa, lendo o livro “Mémoires”, recentemente publicado em França, da autoria do irmão dele, o pintor e escultor Marek Szwarc, que foi o meu pai que lhe sugeriu a ida para Paris e o ajudou materialmente nos primeiros tempos da vivência nesta cidade.

Nascido numa família de judeus polacos, sionista convicto, o seu sonho era o de poder um dia ir viver para Israel. Algo que se transformou numa intenção firme, sobretudo após o falecimento da mulher. A  doença que o atingiu nos últimos anos da vida, impediu-o infelizmente de concretizar este desejo.

Em 1953, estando junto dele com os meus dois filhos mais velhos, perdi-o para sempre. Ele foi para mim também um irmão, um amigo e um querido mestre, alguém por quem tinha uma adoração profunda e que permanecerá para sempre na minha memória.

Clara Schwarz da Silva


Commentary by Ruth Almog from the Haaretz on the occasion of the publication of the Hebrew version of the “Cristaos Novos em Portugal no Seculo XX, with a long introduction by Dr. Claude Stuczynski.

This book, with a detailed, in-depth introduction by Dr. Claude B. Stuczynski, an expert in Portuguese Jewry, is a fascinating read, but it also strikes an emotional chord. Appended to the text is a collection of prayers translated into Hebrew (a collaborative effort of the poet Shulamit Halevy and editor Ruth Toeg), in addition to an extensive bibliography.

Samuel Schwarz, born in Poland in 1880, received religious instruction at a traditional "heder" as a child, but went on to study road and bridge engineering in Paris. At the age of 24, with a degree in mining engineering, he worked for oil refineries in Baku, Azerbaijan, and in coal mines in Poland, England and Spain. At 34, he married the daughter of a Zionist banker, Shmuel Barabash of Odessa. In the wake of World War I, they fled Russia, finally settling in Lisbon, Portugal. Working at a tin mine in east Portugal, Schwarz discovered the New Christians, as the converted Jews of Portugal and its colonies (Brazil, Goa and Capo Verde) were called.

When the kings of Castilla decided to "cleanse" their country of Jews, members of the Jewish community were given the choice of converting to Christianity or expulsion. The majority left, but a few converted. Some of the Jews crossed the border into Portugal. Others went to Morocco, France and Italy. Many chose to settle in the Ottoman Empire. Scarcely five years had passed before the scenario repeated itself in Portugal, when the king sought the hand of a member of the Castillian royal family. But in this case, the Jews were not allowed to leave. The entire Jewish population was forcibly baptized. A handful managed to escape.

Burned at the stake

If it is true that close to 20 percent of the population of Portugal was Jewish at the end of the 15th century, as the scholars claim, one gets an idea of how many of today's Portuguese citizens have Jewish roots. Over the years, they assimilated in Christian society, except for small pockets of Jews who continued to practice their religion in secret. Of those who clung to Judaism, many were tried by the Inquisition in the 16th and 17th centuries. Such trials were even held in Brazil. The accused were burned at the stake or imprisoned in monasteries for the rest of their lives.

Notwithstanding all the persecution, one still finds small groups who have preserved Jewish customs and recite Jewish prayers, albeit in Portuguese. Three holidays are observed: Yom Kippur, Passover and the Fast of Esther. In addition, they keep the Sabbath and pray three times a day. They have special burial customs and do not eat pork on the Sabbath or holidays. They marry only within the community.

As Claude Stuczynski observes, quite logically, the New Christian phenomenon was probably more of a response to prejudice than a "positive, self-motivated embrace of Jewish identity." The New Christians were bitterly scorned and hated in Portugal. A pogrom in Lisbon in the 16th century left more than 2,000 of them dead. Stuczynski writes that until the early 20th century there were churches in the northern provinces where New Christians were forced to sit behind partitions.

"The Awakening," a wonderful novel by Spanish author Ana Maria Matute published in Hebrew translation many years ago, challenges Stuczynski's conclusion. In her account of growing up in Majorca in the 20th century, Matute writes about the despised "chuetas"; descendants of the local crypto Jews; who were actually devout Catholics but were still treated with disdain and shunted to the margins of society.

Samuel Schwarz writes about the New Christians of Belmonte and how hard it was to gain their trust. He discovered that the women were the ones who safeguarded these traditions and knew the prayers by heart. At communal gatherings, they served as cantors and ran the services. "These poor women did not know Hebrew and were not even aware it existed," he says, "so they continued to be suspicious of me. This went on until one evening, as we tried yet again to convince the New Christians that we were members of the Jewish people, an old woman asked us to recite at least one prayer in 'the Jewish language you say is spoken by the Jews.'"

Schwarz chose the Shma prayer "Hear O Israel". Each time he uttered the word "adonay" ("the Lord") the women covered their eyes with their hands. "When we finished," he writes, "the old woman turned to those around her and announced in a tone of great authority: 'The man is a Jew. He said adonay!'"

Living in the dark

Schwarz, it bears pointing out, was not the first person to "discover" the New Christians, but his encounter in Belmonte inspired him to research the phenomenon, and the publication of his book triggered a wave of writing on the subject, some of it anti-Semitic in tone. Schwarz breaks new ground with his findings about the wide dispersion of New Christian communities and the collection of prayers he appends to the book.

One of these prayers is hauntingly similar to the "Yigdal Elhohim Hai" ("Exalted is the Living God") hymn recited in the morning service; a lyrical rendition of Maimonides' "Thirteen Principles of Faith." It is called the "Ani Ma'amin" ("I Believe") prayer and appears in the original Portuguese, followed by a Hebrew translation, as are all the prayers in the book. The Portuguese text is not an exact translation of the Hebrew hymn, which is believed to have been written in Italy in the 14th century by Emmanuel Haromi, but it is very close.

One cannot help but wonder how this hymn survived. The mind boggles to think that Maimonides' "Thirteen Principles of Faith," composed in the 12th century and chanted toward the end of the morning service on weekdays, became part of a Portuguese prayer recited by crypto Jews who did not even know the Hebrew language existed and refused to talk to Schwarz because they believed that secrecy was integral to their religion. Incredibly, Maimonides' "Thirteen Principles," or the hymn based on it, has survived in Portuguese for 500 years; and they never even heard of Maimonides. Which shows how cultural values can live in dark and unknown corners for hundreds of years until one day they burst forth into the light, virtually unchanged, despite a change of language.


Capas dos Livros de Samuel Schwarz


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En 1999, la Revue Shofar republie les deux articles présents dans le journal Menorah de 1926.

Crypto jews republié dans Shofar en 1990

Samuel Schwarz décède en 1953:

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certidao de obito 2


Le 28 Juillet 1950, trois ans avant son décès, Samuel Schwarz fut interviewé chez lui par Gabriele Mode correspondant du Jewish Chronicle:

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samuel interview by JC part 2 28071950


Il est intéréssant de noter le fait que Samuel montre au journaliste une grammaire d’Hébreu du 16ième siècle qui aurait apartenu au père de Spinoza. Par ailleurs la vente des 400 maisons pré-fabriqués à Israel, n’a jamais été conclue et Samuel fut spolié par son associé dans cette affaire.

Depuis son décès et à de nombreuses reprises des hommages furent rendus à Samuel Schwarz. Le 23 Mai 1993, un premier hommage lui fut rendu par la Mairie de Belmonte.

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A cette occasion l’historienne Maria Antonieta Garcia a prononcé un discours retraçant le parcours de Samuel Schwarz.

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 En Janvier 2008, le Musée Juif de Belmonte a ouvert une salle en son honneur.



En Septembre 2004, la Revue Portugaise d'Etudes Juives publia un numéro spécial dédié à Samuel Schwarz. 

revista de estudos judaicos



Le plus récent hommage eut lieu le 19 et 20 Novembre 2012 à Tomar à l'occasion du Premier Congrès International sur l'Héritage Juif Portugais. Voir le texte des communications de Claude Stuczynski et de Esther Musznik.

En 2005, fut publié en Israel, la version en hébreu du livre premier de Samuel Schwarz. Le journal Publico de Lisbonne publie à l’occasion un article.

Fin Octobre 2015, a été mis en vente à Paris la version en français du livre "Cristaos novos  em Portugal no Século XX” .  Sous le titre “La Découverte des Marranes”, il s’agit du livre que Samuel Schwarz lui même avait écrit en français en 1925. 

la decouverte des marranes

Le journal Le Monde daté du 24 Décembre 2015, publie cet article:

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Le 18 Février 2016 a eu lieu au Musée d’Art et d’Histoire Juive de Paris une séance de présentation du livre de Samuel Schwarz

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A Belmonte dans le cadre de la 5ième édition du Festival Judaica, le 7 Mai 2017 a eu lieu une Table Ronde dédiée a la mémoire de Samuel Schwarz avec la présence de Anne Lima et de Joao Schwarz.

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Au cours de l’été de 2017, fut publié par l’historienne Sandra Fontinha, dans la Revue Nova Aguia, un article qui porte sur les differentes éditions du livre sur les Nouveaux Chretiens. 

a© Joao Da Silva 2017